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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCoton ouaté rouge et shorts bleus sur le dos, son uniforme pour les prochaines semaines, Kaiden Guhle scrutait ses coéquipiers aller bon train, jeudi matin, lors de la première séance d’exercices de ce camp d’entraînement du Canadien qui vient de prendre son envol.
À l’écart de l’équipe, à nouveau, que pouvait bien se dire le grand Albertain de 24 ans?
Guhle, on le sait, ratera de quatre à cinq semaines d’activités, soit six à neuf matchs de la saison si l’échéancier est respecté.
Jamais son nom n’aura autant été prononcé en son absence. Le CH jouit d’une certaine profondeur en défense actuellement, ce qui l’aidera à pallier ce manque et l’on verra bien ce que David Reinbacher et/ou Adam Engström sera/seront en mesure d’accomplir d’ici son retour, mais les questions demeurent. Qui peut le remplacer? Quel est l’impact de sa perte sur la brigade défensive en ce début de saison et, surtout, à demi-mot, en le susurrant presque, comment se fait-il qu’il soit encore sur la touche?
Guhle a disputé 208 des 328 matchs du Canadien depuis son entrée dans la Ligue nationale il y a quatre ans, soit 63 % d’entre eux.
Un bref coup d’œil à ses malheurs donne froid dans le dos.
Blessures sérieuses de Kaiden Guhle depuis son arrivée dans la LNH :
- Blessure au genou en décembre 2022
- Entorse sévère à la cheville en mars 2023
- Commotion cérébrale en avril 2024
- Lacération du quadriceps en janvier 2025
- Une première chirurgie pour réparer une déchirure partielle de l’adducteur (aine) en octobre 2025
- Une seconde opération à l’adducteur en août 2026
Tout cela à travers une appendicectomie et quantité d’autres petites absences attribuées à un mal au haut ou au bas du corps jamais précisé par l’équipe. Naviguant entre ce mélange de malchances et d’apparente fragilité, Guhle a joué, en moyenne, quatre saisons de 52 matchs.
L’arrière de Sherwood Park s’est fait opérer une première fois pour réparer une déchirure à l’adducteur, un muscle situé dans la région de l’aine, en novembre 2025. Guhle n’a pas manqué de rencontre ni en saison ni en séries éliminatoires à partir de son retour au mois de janvier. Mais voilà que l’inconfort a dû refaire surface cet été au point où il a dû se soumettre à une nouvelle opération le 10 août dernier.
Pourquoi si tard dans l’été? Était-il incommodé par cette même blessure durant les séries? Est-ce attribuable à un recul tardif dans sa rééducation? A-t-il ressenti une gêne au moment où ses séances d’entraînement sur glace ont grimpé en intensité? Espérait-on que la douleur disparaisse grâce à des moyens moins intrusifs et l’on a dû se rendre à l’évidence que l’intervention médicale était nécessaire? Et, surtout, s’agit-il d’une opération au même muscle adducteur? Le Canadien n’a pas voulu fournir plus de détails à ce sujet et l’on ne peut que se perdre en conjectures.
Mercredi, Martin St-Louis avait assuré ne pas être inquiet.
Tu espères juste qu’il va pouvoir avoir une lancée et moins de moments où il doit arrêter. Est-ce que je suis inquiet? Non. Est-ce que j’aimerais que ce soit différent? Oui. Mais j’ai confiance, avec notre personnel médical, qu’on est capables de mettre Guhle dans une situation où il peut aller chercher plus de temps sans pause, avait-il fait valoir.
Une récurrence préoccupante
Comme on dit dans le milieu, le plus grand risque d’une nouvelle blessure est une blessure passée.
C’est une maxime connue dans le monde du sport, nous assure, à l’autre bout du fil, Scott Livingston. Livingston est un thérapeute sportif et préparateur physique de renom qui a travaillé pour le Canadien jusqu’en 2009 et avec bon nombre d’athlètes olympiques depuis.
D’entrée de jeu, le spécialiste précise qu’il n’est pas au courant du cas de Kaiden Guhle et ne peut donc pas le commenter spécifiquement. Cependant, il s’y connaît en blessures à l’aine.
Ces blessures sont toujours très complexes parce qu’elles concernent rarement juste l’aine. Elles touchent aussi, parfois, le pelvis, qui est un ancrage majeur pour tous les muscles de la hanche, pour les adducteurs, les abducteurs, les extenseurs, les fléchisseurs, etc. Tous ces muscles appliquent une force sur le pelvis et celui-ci peut être affecté de différentes façons. Que ce soit la raison principale de la blessure à l’aine ou simplement un bruit de fond, explique-t-il.
Autrement dit, si une blessure à l’aine est gérée comme étant simplement une blessure à un muscle, il y a de fortes chances qu’on passe à côté du nœud du problème et que celle-ci surgisse à nouveau. Il faut en trouver la cause. Les équipes médicales des équipes de la LNH bénéficient d’une expertise et d’un équipement à la fine pointe de la technologie qui leur permettent, d’ordinaire, de déceler rapidement la source de la blessure, assure Livingston.

Kaiden Guhle
Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis
Le problème peut aussi partir du pied, du genou, même au-dessus de la hanche, d’où la complexité de ces cas. La décision d’opérer ne se prend pas à la légère non plus.
La plupart du temps, les médecins et organisations évitent les opérations, car des complications peuvent survenir. D’habitude, quand on prend la décision d’opérer, c’est qu’on a déjà tenté de guérir la blessure de manière plus conservatrice et que ça n’a pas fonctionné ou que la déchirure est trop importante pour être réparée sans opération, ajoute-t-il.
Stéphane Dubé, ancien préparateur physique du CH et des Penguins de Pittsburgh, maintenant copropriétaire du Centre Performe Plus à Boisbriand, opine du bonnet.
Pour avoir été souvent dans ces réunions, les médecins vont dire : "La meilleure opération, c’est celle qu’on ne fait pas." […] C’est sûr que [Guhle] s’est donné du repos, qu’il a fait du renforcement spécifique. Quand il a recommencé à patiner, probablement à la mi-juillet, c’est sûrement là qu’il en a fait part à l’organisation et que la décision a été prise, estime Dubé.
Pour se résoudre à passer sous le bistouri une deuxième fois en neuf mois, Guhle devait bien sentir qu’il avait épuisé ses autres options. Et probablement que ça lui permettrait de régler le problème une fois pour toutes.
En général, ça guérit bien, note Dubé.
Le plus grand défi, c’est d’y aller très progressivement pour le retour au jeu. C’est l’enjeu. Avec son historique et comme le Canadien a beaucoup de bons défenseurs, ils vont pouvoir se permettre de prendre leur temps, renchérit-il.
Une gestion délicate d’un cas complexe pour un joueur à l’usure précoce : normal que le Canadien manœuvre avec prudence dans ce dossier.
Quand je vois la même blessure qui revient année après année et que c’est une blessure musculosquelettique, comme c’est le cas avec Guhle, c’est sûr que c’est tout le temps inquiétant.
Quand quelqu’un a eu une blessure avant, c’est souvent la raison pour laquelle ils l’ont à nouveau. Si le tendon est affaibli ou si la jonction entre le muscle et le tendon est affaiblie, ce tendon peut déchirer à nouveau, d’ajouter Livingston.
Guhle ne peut qu’espérer parvenir à briser ce cycle qui lui a déjà fait perdre beaucoup de temps. Dans son intérêt autant que dans celui de son équipe.


3 days ago
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