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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayC’est un mauvais début de saison pour le Canadien, tout simplement. Un mauvais début de saison cristallisé, jeudi soir, par une défaite malgré la bonne tenue de l’équipe.
Le meilleur match de l’année à cinq contre cinq, a insisté Martin St-Louis, après ce match perdu 5-2 contre les Predators de Nashville, qui ne devraient pas former une grande puissance de la Ligue nationale cette année.
Et force est de constater que l’entraîneur a raison.
À forces égales, le CH a obtenu trois fois plus de chances de marquer que l’adversaire, selon les données compilées par Natural Stat Trick. Il menait 2-0 en fin de deuxième période et les Preds ne touchaient que peu à l’objet de caoutchouc.
L’intensité était au rendez-vous, la plupart des joueurs se contentaient de jeux simples, tels que martelés par le patron dans les derniers jours; une petite rondelle rejetée en fond de territoire, un échec avant incommodant, on remet à la pointe et on reprend.
La recette était appliquée avec succès. St-Louis a eu la main heureuse en remodelant trois de ses quatre trios, particulièrement en réunissant Chris Kreider avec Alex Newhook et Josh Anderson.
Tout ça était de bon augure donc, jusqu’à ce que le match, sans que l’on comprenne pourquoi, parole de Lane Hutson, leur file entre les doigts. Risquons tout de même quelques hypothèses.
D’abord, le gardien Juuse Saros a fermé la porte à plusieurs reprises. En échappée face à Anderson au troisième vingt, sur un tir à bout portant de Phillip Danault, à six occasions devant le plus fin buteur de l’équipe, Cole Caufield.
Ensuite, rien ne va plus sur les unités spéciales. Montréal a à nouveau été blanchi par trois fois en supériorité numérique, ce qui porte le compte à 1 but en 13 tentatives (7,7 %) depuis le début de la campagne, but inscrit par la deuxième vague et non par les ténors offensifs du club.
À l’inverse, l’unité de désavantage numérique a cédé 5 fois en 17 occasions, dont à 2 reprises jeudi.
Finalement, il y a encore cette petite tendance à se compliquer la vie. Parlez-en à Mike Matheson, qui a tiré la rondelle directement sur les jambières de Ryan O’Reilly à quatre minutes de la fin de la rencontre, a fait trébucher Steven Stamkos trois secondes plus tard, avant de voir les Preds inscrire le but de la victoire pendant qu’il songeait à ses méfaits au banc des punitions.
Une cascade de malchances et de décisions douteuses dans son cas pendant une bonne partie de la soirée.
On méritait mieux que ça, a encore dit l’entraîneur.
Un sentiment partagé dans le vestiaire.
On a mieux joué qu’eux pendant la majeure partie du match, on n’a juste pas compté quand on a eu nos chances. […] C’est pas mal frustrant de perdre, a soupiré Nick Suzuki.
Toute l’équipe a bien joué ce soir, a ajouté Anderson, dans sa forme des grands jours contre Nashville.
Mais l’on ne fait pas de grandes équipes avec de bons sentiments.

Le gardien des Predators Juuse Saros effectue un arrêt devant Zachary Bolduc en première période au Centre Bell.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Le Canadien s’attendait à connaître plus de succès en début d’année, c’est évident. Les joueurs étaient livides, après la défaite à Pittsburgh, en raison de cette horrible deuxième période où ils ont enchaîné les revirements. Le duel contre les champions en titre de la Coupe Stanley survenait un peu rapidement, avaient-ils estimé mardi. Puis, cette fois, ils ont quitté la pièce la mine basse après avoir mieux joué que l’adversaire.
Mieux joué, d’accord, sans être capable de prendre leurs distances pour de bon toutefois.
Il y avait de l’abattement dans le vestiaire.
On est tous agacés, a admis Hutson.
Je pense encore [à mon échappée en troisième], a renchéri Anderson.
Les joueurs avaient le moral dans les talons; St-Louis s’en est d’ailleurs préoccupé.
Ma plus grande inquiétude présentement, c’est le moral des gars. Ils doivent rester à une bonne place émotionnellement.
On a bien joué, la vie n’est pas juste, demain, le soleil va briller. On retourne au travail. C’est la vie : tu te relèves et tu y vas, a philosophé l’entraîneur.
Le portrait n’est pas si sombre pour autant.
En réorganisant les pièces de son casse-tête, le pilote a concocté des combinaisons intéressantes. Ce n’était qu’une rencontre, mais il semble y avoir un joli potentiel à exploiter en Anderson, Newhook et Kreider. L’Américain n’a jamais paru aussi à l’aise en trois matchs avec les vedettes de l’équipe que durant ces 60 minutes de jeu simple, direct, d’échec avant et de cette primauté accordée au volume de lancers.
Zachary Bolduc se plaît avec tous ses comparses et a insufflé beaucoup de vigueur au tandem de Danault et d’Alexandre Texier, libéré de Kirby Dach. Voilà entre autres pourquoi St-Louis a évoqué les nombreux points positifs.
Il n’y a pas si longtemps, un départ en demi-teintes comme celui-là n’aurait guère fait sourciller. De modestes attentes permettent de nuancer plus facilement les résultats, bons ou mauvais.
Cette saison est différente. Dans la tête des joueurs, l’équipe a démontré son talent, son savoir-faire l’an dernier. Certes, elle est rentrée dans le mur de plein fouet en demi-finales, mais il fallait quand même bien s’y rendre. En pleine ascension, il s’agit de confirmer son potentiel, d’affirmer sa préséance sur une grande partie de la ligue.
Avec une telle mentalité, difficile de digérer les écarts de conduite, les périodes cauchemardesques ou les points bêtement perdus, on le répète, sans que l’on comprenne pourquoi.
Le lièvre et la tortue, nobles animaux, nous en ont appris beaucoup sur l’importance de partir à point. Il y a comme cette vague impression qu’après quatre rencontres, le Canadien est déjà en train de courir.


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