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Les nouveaux proprios de la MLB parient sur l’effondrement du syndicat

7 hours ago 3

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Captivés et galvanisés par la course aux éliminatoires, les joueurs de la MLB ne réalisent peut-être pas encore que des milliardaires parient actuellement de très grosses sommes sur le possible effondrement de leur syndicat.

Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil aux prix déboursés par les acheteurs lors des deux plus récentes acquisitions d’équipes du baseball majeur.

Mardi, on apprenait que le milliardaire Stan Kroenke se portait acquéreur des Angels de Los Angeles pour la coquette somme de 4 milliards de dollars. Il s’agit d’un prix de vente record pour une équipe de la MLB. Et ce, même si les Angles sont loin de faire partie des organisations les plus prestigieuses de la ligue.

Il y a quelques mois à peine, les publications spécialisées comme CNBC et Forbes estimaient la valeur des Angels à environ 2,7 G$.

Cette transaction survient tout juste après que José E. Feliciano et son épouse Kwanza Jones, un couple milliardaire, eurent déboursé 3,9 G$ pour devenir propriétaires des Padres de San Diego. Jusqu’à ce que cette transaction survienne, cette équipe jouant dans un petit marché et ne bénéficiant pas d’un contrat de télédiffusion locale lucratif était évaluée à quelque 2 milliards de dollars.

Avant que les Angels et les Padres soient vendus, le financier new-yorkais Steve Cohen détenait le record de la plus grosse somme jamais déboursée pour mettre la main sur une équipe de la MLB. Cohen avait payé 2,4 G$ en 2020 pour devenir propriétaire des Mets de New York, une formation jouant dans le plus grand marché médiatique des États-Unis. Il y a six ans, cette transaction défiait l’imagination.


Il est intéressant de noter que les prix de vente explosent malgré le fait que l’environnement économique et les sources de revenus de la MLB soient restés les mêmes. Par contre, ils sont peut-être sur le point de changer radicalement.

Les propriétaires semblent plus déterminés que jamais à casser l’Association des joueurs de la MLB (MLBPA) – qui est probablement le syndicat nord-américain le plus efficace – en imposant un plafond salarial lors du prochain contrat de travail.

La présente convention collective viendra à échéance le 1er décembre prochain et les deux parties ont déjà commencé à échanger des propositions. Or, le ton est aigre et il est déjà évident qu’un lockout sera rapidement décrété. Considérant les enjeux, ce conflit de travail risque de s’avérer extrêmement long. Peut-être même historique.

Parmi les syndicats représentant les athlètes des différents championnats majeurs nord-américains, la MLBPA est la seule organisation qui soit parvenue à résister à l’instauration d’un plafond salarial. Depuis 1972, les joueurs ont déclenché cinq grèves et ont résisté à quatre lockouts pour protéger leurs conditions de travail et leur accès à un libre marché.

En 1994, la dernière fois que les propriétaires ont tenté d’imposer un plafond salarial, les joueurs ont déclenché une grève au mois d’août. Et en l’absence de règlement, la Série mondiale a dû être annulée.

Il n’est pas déraisonnable de croire que, cette fois, les propriétaires de la MLB soient prêts à imiter leurs confrères de la LNH et à sacrifier une saison complète pour parvenir à imposer un carcan salarial à leurs employés.

Pour les proprios, l’imposition d’un plafond assurerait évidemment un meilleur contrôle des dépenses et une quasi-certitude quant à la rentabilité de leur entreprise. Rappelons-nous l’exemple récent de la LNH : au terme de la pandémie de COVID-19, les joueurs ont dû rembourser 2 G$ aux propriétaires parce que les revenus s’étaient avérés moins importants que prévu!

Mais surtout, la valeur des équipes explosera littéralement si les propriétaires parviennent à faire mordre la poussière aux joueurs. Collectivement, la valeur des équipes de la MLB s’appréciera instantanément de dizaines de milliards au moment où l’on forcera les joueurs à se soumettre à un plafond. C’est ce jackpot que convoitent les propriétaires.

Et c’est sur ce pactole que viennent de parier des gens comme Stan Kroenke, José E. Feliciano et Kwanza Jones.


Marié depuis plus de 50 ans à Ann Walton, une héritière de l’empire Walmart, Stan Kroenke possède l'empire le plus imposant de l’univers du sport professionnel nord-américain. Et il est très bien placé pour comprendre les avantages que lui vaudrait la mise en place d’un plafond salarial dans la MLB.

Outre l’acquisition des Angels, son portefeuille comprend notamment les Rams de Los Angeles de la NFL, les Nuggets de Denver de la NBA, l’Avalanche du Colorado de la LNH et les Rapids du Colorado de la MLS. Ces quatre dernières équipes jouent dans des ligues où les salaires des joueurs sont restreints par un plafond. Kroenke possède aussi le club Arsenal de la Premier League anglaise.

Deux hommes se serrent la main.

Stan Kroenke est aussi proprio des Rams, des Nuggets, de l'Avalanche et des Rapids.

Photo : Getty Images / Matthew Stockman

Mais tout cela semble anecdotique quand on constate que Kroenke est aussi le plus gros propriétaire foncier des États-Unis! Rien de moins. Selon la publication spécialisée en immobilier The Real Deal, il possède plus de 2,7 millions d’acres de terrains dans l’ouest des États-Unis et au Canada.

Outre le fait que des gens spéculent sur leur capitulation à la table de négociation, l’arrivée d’un propriétaire comme Stan Kroenke dans le cénacle de la MLB n’est certainement pas une bonne nouvelle pour les joueurs. Il ne ressentira jamais la pression économique découlant d’un long conflit de travail.

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