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Makar et cie : un été de contrats records pour un plafond salarial en orbite

9 hours ago 3

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L’été 2026 a vu la Ligue nationale de hockey (LNH) opérer une sérieuse correction du marché en ce qui a trait à la rémunération de ses joueurs les mieux payés.

Avec le contrat record signé vendredi par le défenseur Cale Makar, qui fait de lui le joueur le mieux payé dans l’histoire de la LNH, cette intersaison a maintenant accouché d’ententes historiques dans trois classes de joueurs.

Il y a d’abord eu Leo Carlsson, qui a créé une onde de choc en acceptant une offre hostile des Flyers de Philadelphie lui rapportant à compter de cette saison 18 M$ par année. Les Ducks d’Anaheim ont égalé l’offre, mais le mal était fait : Carlsson est temporairement devenu le joueur le mieux payé de la LNH.

Plusieurs ont soutenu que le contrat de Carlsson changeait complètement la donne dans le circuit. Peut-être, mais l’offre des Flyers ne reflétait pas la valeur réelle de Carlsson : elle représentait, aux yeux du DG Daniel Brière, le montant que les Flyers devaient débourser pour se donner une chance d’arracher Carlsson aux Ducks.

Aussi prometteur soit-il, il n’était pas logique que Carlsson reste bien longtemps au sommet de la montagne. Il y est resté pendant 26 jours, soit jusqu’à ce que Macklin Celebrini fasse sauter la banque à son tour.

La jeune supervedette des Sharks de San José, qui se profile comme un digne héritier de Sidney Crosby, a signé un pacte de cinq ans d’une valeur annuelle de 18,8 M$. Étant donné que ce contrat a été signé plusieurs mois en avance et qu’il n’entrera en vigueur qu’en 2027-2028, Celebrini a peut-être renoncé à une partie de son pouvoir de négociation – quoique s’en tenir à un contrat de cinq ans, et non à la longueur maximale de huit ans pour laquelle il pouvait signer, constitue une concession de la part des Sharks.

Celebrini a ainsi redéfini le marché pour les joueurs s’apprêtant à signer leur deuxième contrat. Les Sharks lui ont consenti ce qu’ils jugeaient comme étant le reflet de sa valeur véritable, et ils se sont protégés d’une possible offre hostile l’été prochain en agissant dès maintenant.

Cela dit, il y a une gamme de joueurs détenant plus de pouvoir de négociation encore, et ce sont ceux qui sont à moins d’un an de l’autonomie complète. Makar trônait au sommet de cette liste.

Nikita Kucherov, qui est dans la même situation, est un joueur exceptionnel, mais le Russe de 33 ans n’a pas tout à fait le même attrait que Makar.

À seulement 27 ans, ce dernier peut rester encore longtemps le meilleur défenseur de la LNH. Il était de bon aloi qu’il soit le premier à franchir la barre des 20 M$ par année. Dans une ligue à 32 équipes - bientôt 33 – le véritable talent de pointe est rare et il se paie.

Makar récoltera 20,4 M$ par année pendant huit ans. On sait qu’un changement à la convention collective réduira la longueur maximale des contrats à sept ans à compter du 15 septembre, mais l’Avalanche du Colorado avait intérêt à investir le plus longtemps possible avec Makar. Il ne sera peut-être plus le meilleur arrière de la LNH au terme de son contrat, quand il aura 36 ans, mais les deux parties tirent profit de la hausse vertigineuse du plafond salarial, qui aura augmenté d’environ 19 % en l’espace de deux ans.

On prévoit que le plafond soit de 113,5 M$ la saison prochaine, au moment de l’entrée en vigueur de l’entente. Par la suite, si le plafond salarial s’élève à 123 M$ en 2028-2029, comme l'a prédit l’agent Allan Walsh (nouvelle fenêtre), on parlera d’une hausse de 29 % en trois ans.

Dans un contexte où les contrats de 20 M$ deviendront plus fréquents au cours des prochaines années, l’Avalanche risque d’y trouver son compte en raison de l’enveloppe salariale qui devrait continuer de s’agrandir.

Un défenseur contrôle la rondelle durant un match.

Le défenseur du Wild du Minnesota Quinn Hughes durant les séries éliminatoires de 2026.

Photo : Associated Press / Tony Gutierrez

Quel impact sur Quinn Hughes?

Le prochain domino à tomber pourrait être Quinn Hughes.

Le défenseur américain peut désormais utiliser le contrat de Makar comme baromètre dans ses négociations avec le Wild du Minnesota, et il est en excellente position pour remplir ses coffres.

Le Wild s’est défait de plusieurs bons actifs futurs afin de mettre la main sur lui en décembre dernier. Ne pas s’entendre à long terme avec Hughes transformerait son acquisition en un coûteux exercice à court terme. Hughes a le gros bout du bâton.

Cela ne garantit pas qu’il ira chercher plus que Makar en restant au Minnesota, mais sachant que le maximum que pouvait aller chercher Makar était 20,8 M$ (soit 20 % de la masse salariale de cette année), Hughes aurait le droit de soutirer jusqu’à 22,7 M$ sur le marché des joueurs autonomes l’été prochain, un montant qui correspond à 20 % de la masse salariale projetée de 113,5 M$ en 2027-2028.

Ses chances d’obtenir un salaire plus élevé que Makar seront meilleures s’il attend de devenir joueur autonome sans compensation que s’il signe un contrat avant l’heure avec le Wild.

Avec Hughes, Kucherov et Jason Robertson à un an de l’autonomie complète, et avec Connor McDavid, Auston Matthews et Zach Werenski qui suivront l’année suivante, la flambée des salaires pour les meilleurs joueurs n’est pas à la veille de se terminer.

Le Canadien pourrait s'en payer un

Au risque d’entonner un refrain connu, le Canadien est en excellente position dans cet environnement pour ajouter du salaire. Partant de l’hypothèse selon laquelle le plafond salarial sera de 123 M$ en 2028-2029, le CH a présentement 70,5 M$ d’engagés cette année-là auprès de Nick Suzuki, de Cole Caufield, de Juraj Slafkovsky, d'Ivan Demidov, de Jake Evans, de Lane Hutson, de Noah Dobson, de Mike Matheson, de Kaiden Guhle et de Jakub Dobes.

C’est donc dire qu’il restera 52,5 M$ pour les 13 autres joueurs de la formation, ce qui correspond à un salaire moyen de 4 M$ consacré au personnel de soutien de cette équipe.

On voit aisément comment le Canadien serait capable d'aménager l'ajout d'un joueur de 20 M$ à sa formation sans se placer dans l'eau chaude. Il est loin d'être seul dans cette situation à l'heure actuelle, mais la grande majorité des équipes auront de bons jeunes joueurs autonomes avec compensation à mettre sous contrat l'été prochain, ce qui changera leur portrait salarial. Le CH, lui, a tous les joueurs de son noyau sous contrat en vue de 2028-2029.

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